Type 1 : 50 années d'insuline et pas de complications

Pourquoi quelques patients diabétiques échappent aux complications ?

Beaucoup de recherches ont été menées sur les causes des complications, comme la plus connue: les glycémies élevées. Maintenant, les chercheurs se posent la question dans l'autre sens. Ils veulent savoir pourquoi certains patients diabétiques ne développent pas de complications. Qu'est-ce qui les protège ? La majorité des diabétiques risquent de développer des complications graves, qui peuvent être évitées par une bonne surveillance et un bon équilibre,mais 10 à 15 % des diabétiques n’en font jamais quel que soit leur équilibre. Malgré des décennies de recherche intensive sur les complications du diabète, les mécanismes fondamentaux ne sont pas encore entièrement connus. Il n'est pas possible de prévenir ou de traiter tous les dommages causés aux vaisseaux sanguins qui touchent la majorité des diabétiques. Il y a aujourd'hui environ 12000 personnes en Suède qui ont un diabète depuis plus de 30ans, parmi ceux-ci, 1600 l’ont eu pendant plus de 50 ans."Environ la moitié de ceux-ci n'ont pas de complications majeures. Les deux tiers de ceux qui ont un diabète depuis plus de 50 ans ont échappé aux complications. Il est clair qu'ils sont différents et nous voulons savoir ce que c'est qui les protège», dit Lyssenko. Si il est possible d'identifier les facteurs de protection, alors il pourrait être logique de développer des médicaments qui peuvent faire la même chose..

Lund University, AlphaGalileo Foundation

Le diabète de type 1 après une durée de 30 ans : les complications diminuent

En 1993, la grande étude (DCCT) avait prouvé qu’un traitement multi-injection ou par pompe limitait les complications. Depuis 1993, cette thérapie intensive a été recommandée pour tous les patients. L’objectif de cette étude est de vérifier le plus long terme dans une population suivant ces recommandations. Après 30 ans de diabète, avec l’ancien traitement avec 2 injections quotidiennes, les incidences de la rétinopathie proliférative, de la nephropathie, et de la maladie cardiovasculaire étaient de 50%, 25%, et 14%. Le groupe avec ce traitement intensif a eu des incidences cumulatives sensiblement plus limitées (21%, 9%, et 9%) et moins de 1% ont été victimes de cécité, une greffe de rein, ou ont eu une amputation à cause du diabète pendant cette période. En conclusion, les fréquences des complications sérieuses, particulièrement avec un traitement adéquat, sont inférieures à celles rapportées dans d’autres études. De façon générale, les perspectives pour les personnes avec un diabète de type 1 sont bien meilleures qu'elles ont été dans le passé. Le principal objectif reste de réduire le poids du traitement et le risque d'hypoglycémie.

Archives de médecine interne, 27 Juillet 2009

Plus de 50 années de diabète de type 1 donnent des indices pour la guérison

Avec un diabète de type 1, l'organisme attaque implacablement et détruit ses propres cellules bêta produisant l'insuline. Une étude américaine effectuée parmi une population de 411 personnes ayant vécu plus de 50 années avec un diabète de type 1 a montré que chez une petite partie de ces personnes, les cellules bêta résiteraient en partie à l’attaque autoimmune. Cette observation permet d’envisager des traitements potentiels pour la préservation et même la reconstitution de cette population cellulaire cruciale pour nombre d’entre nous. Les échantillons de sang ont montré que plusieurs dans ce groupe avaient des molécules de peptide C qui marquent une secrétion interne d’insuline. Pour illustrer ce fait, les chercheurs précisent qu’une de ces personnes avait remarqué qu’à certains moments ses besoins en insuline étaient si bas qu’elle se demandait si son organisme n’en secrétait pas à nouveau. Les analyses du laboratoire prouvaient qu’elle avait raison. La preuve apportée que ces cellules béta peuvent croître et produire de l’insuline, même si leurs jours sont comptés avec l’attaque autoimmune, semble très important. Une solution pour augmenter le taux de croissance et de diminuer la mort des cellules pourrait conduire à un traitement ou un remède. Un autre élément important dans cette étude est qu’une forte proportion de ces personnes est exempte de complications. Aussi la recherche est engagée pour savoir s’il existe des facteurs protecteurs. Cette population de diabétiques de type 1 qui ont vécu plus de 50 ans avec la maladie est donc observé de près par la communauté scientifique.

Diabetes published online August 8, 2010

Cinquante ans de diabète et pas de rétinopathie

Un nombre important de personnes vivant avec un diabète de type 1 depuis plus de 50 années montrent peu ou pas de progression de la rétinopathie. Cette résistance n'a apparemment rien à voir avec le contrôle glycémique. Une nouvelle étude sur ces personnes a indiqué que près de la moitié n'ont pas eu de rétinopathie proliférative, et n'ont presque jamais montré d'aggravation des maladies des yeux, après les 17 premières années. Les niveaux de HbA1c, n'ont pas significativement prédit quels participants développeraient une rétinopathie proliférante, ce qui va contre les études précédentes. Le contrôle glycémique est un facteur central dans le traitement du diabète, que depuis les années 80. En conséquence, ceux qui ont vécu 50 ans avec le diabète n'étaient pas liés à cette contrainte. Dans cette étude, une protéine (appeléeSHP-1) liée à l'hyperglycémie a été significativement associée à la protection contre le développement de la rétinopathie. Cette étude concerne plusieurs centaines de personnes suivies à la clinique Joslin aux Etats Unis. Non seulement environ 40% de ces personnes semblent avoir peu ou une rétinopathie légère, mais la sévérité des trois autres grands types de complications (cardiovasculaires, rénales, neurologiques) est également faible. Les chercheurs envisagent maintenant d'observer les facteurs génétiques pour distinguer ces patients des diabétiques avec une plus courte durée de maladie.

Annual congress 2010, American Academy of Ophthalmology

En cliquant sur les choix proposés dans le menu à gauche vous obtiendrez des informations complémentaires extraites de publications scientifiques ou autres manuels, à lire avec prise en compte de vos propres besoins et souhaits.