Diabète de type 1: Une infection grave dérègle le diabète

Cela n’est pas si grave si on sait comment s’y prendre

Monsieur F-G- a une soixantaine d’années et soigne depuis 25 ans un diabète insulinodépendant avec précision et efficacité. Dans les suites immédiates d’une grippe, il fait une broncho-pneumonie avec forte fièvre, grande faiblesse, perte totale d’appétit, alitement. Monsieur G. constate que son diabète est complètement déréglé: sucre abondant dans les urines qui montrent même de l’acétone, un phénomène tout à fait exceptionnel chez ce patient modèle. Les tests sanguins confirment la gravité de la situation : alors qu’en temps normal les glycémies dépassent rarement 250 mg/dl, elles plafonnent maintenant à 300 voire 400 mg/dl et ce malgré des suppléments d’insuline et une augmentation quotidienne des doses de base. Et tout cela bien que le patient ne mange quasi rien ! Inquiet, Monsieur G. téléphone à son diabétologue, décrit la situation et s’étonne d’avoir dû déjà doubler le grand total quotidien de ses doses d’insuline. Le médecin de famille a, bien entendu, mis en route un traitement antibiotique adéquat et conseillé des boissons abondantes. Le spécialiste répond par téléphone en six points:

1. Ne vous étonnez pas, les infections graves augmentent toujours les besoins en insuline.

2. Si on augmente rapidement les doses, on reste maître de la situation.

3. Cette augmentation des doses doit porter sur les piqûres de base, par exemple sur celle du matin et celle du soir ou celles qu’on prend à l’heure des repas, même si ceux-ci sont très réduits par manque d’appétit. En outre, il ne faut pas hésiter à se faire des piqûres supplémentaires même en dehors des heures de repas, même la nuit si nécessaire au vu d’analyses de sang très mauvaises.

4. Il faut laisser à chaque piqûre d’insuline rapide un délai de deux ou trois heures et ne pas conclure trop vite qu’elle a été insuffisante. Des intervalles plus courts entre suppléments de rapide risquent des accumulations d’insuline dans le corps qui peuvent donner de sérieux malaises.

5. Il ne faut pas s’étonner de devoir doubler, tripler les doses habituelles même en l’absence d’alimentation.

6. Dès que la maladie est guérie, il faut diminuer les doses d’insuline car les besoins quotidiens reviennent rapidement aux chiffres de départ. Tout est bien qui finit bien : la broncho-pneumonie guérit, le diabète est maîtrisé à domicile.

Aucune hospitalisation n’a été nécessaire. Cependant, quand le patient a revu son diabétologue et lui a soumis son carnet de traitement, il est clairement apparu qu’il y avait eu deux fautes majeures dans l’application des conseils cités plus haut. D’abord, l’augmentation des doses de base et les suppléments d’insuline rapide "à la demande" avaient été timorés. Trop peu et trop tard. De la sorte, cinq jours avaient été gâchés avec des glycosuries permanentes et des glycémies de 250 et 350 mg/dl. Ensuite, lors de la guérison, les doses avaient été réduites trop tard et insuffisamment de sorte qu’aussitôt le désucrage obtenu, un gros malaise hypoglycémique avait eu lieu malgré la reprise de l’alimentation. La morale qu’il faut tirer de cette histoire est qu’en période critique (infection, blessures, opération, infarctus...) les changements sont rapides. Les ajustements de doses d’insuline doivent donc l’être également. Monter vite mais aussi savoir redescendre à temps. Infections et maladies : Tout diabétique bien équilibré n'est, a priori, pas plus exposé que les autres aux infections. Cependant si le diabète est mal équilibré, les moyens de défense de l'organisme tendent avec le temps à s'altérer et le corps est moins apte à se défendre. Les plaies peuvent mettre du temps à guérir, un rhume peut traîner. Les infections des organes génitaux sont plus fréquentes. Comme les maladies augmentent les besoins en insuline, il s'agit d'un cercle vicieux qu'il faut rompre en rééquilibrant le diabète et en le surveillant de plus près.

Maladie et besoin en insuline

Toute maladieinfectieuse, comme la grippe, l'angine, etc. augmentent les besoins en insulinede l'organisme. Dès que la maladie arrive, il est judicieux d'accentuer lecontrôle et de ne pas hésiter à augmenter dès le début les doses d'insuline.L'organisme sera plus apte à combattre l'infection, si l'équilibre glycémiqueest obtenu. Si les doses d'insuline sont trop faibles et inadaptées auxbesoins, l'acétone peut apparaître. C'est un toxique qui disparaîtra, avec unequantité adéquate d'insuline. Attention, lors de la guérison, les besoinsd'insuline diminuent très vite, donc n'oubliez pas de baisser les dosesrapidement avant de faire un malaise hypoglycémique. L'auto surveillanceglycémique doit être renforcée pendant ces périodes, pour éviter de rajouterdes problèmes à la maladie infectieuse qui doit être guérie le plus vitepossible.

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