La promenade glycémique

La promenade glycémique après une même dose d'insuline

Le traitement par injections d'insuline reste un challenge quotidien pour un grand nombre de diabétiques. Dans les dernières années les progrès réalisés ont été très importants, tant dans la qualité des insulines, dans leur pureté, que dans les schémas de traitement. Si l'injection est contraignante, un des problèmes les plus fréquents et des plus difficiles à résoudre est le fait suivant. Une même dose d'insuline ne produit pas les mêmes variations glycémiques d'un jour sur l'autre. Le passage de l'insuline du tissu, dans lequel elle est injectée vers le sang, est très complexe. Il est soumis à de nombreux facteurs. Plusieurs causes restent encore inconnues. Pour un même type d'insuline, l'influence de la température de l'insuline injectée, de la profondeur de l'injection, du site d'injection, des anomalies de la peau (rougeur, lipodystrophies, etc.) a été observée. L'insuline froide passe moins vite que l'insuline à température de la pièce. Avec une aiguille de même dimension, l'insuline injectée à 90 degrés passerait plus vite que l'insuline injectée à 45 degrés.

L'insuline injectée dans l'abdomen, passe plus vite que l'insuline injectée dans le bras. Elle même passe plus vite, que celle injectée dans la cuisse ou dans la fesse. Masser la zone d'injection accélère le passage. Placer la zone d'injection contre un radiateur accélère également le passage, de même que l'exposition au soleil. Injecter à des endroits où la peau a des anomalies est déconseillé, car la résorption de l'insuline est ici très variable et hasardeuse.

Pour avoir le maximum de reproductibilité de l'effet de l'insuline, il est toujours conseillé:

- de faire l'injection dans la même zone à la même période de la journée, par exemple le ventre le matin, le bras le midi, la fesse ou la cuisse le soir.

- de la réaliser toujours de la même manière, soit à 45 degrés, soit à 90 degrés

- de conserver le flacon servant à l'injection à température ordinaire

- de ne pas masser ou réchauffer la zone d'injection.

Surdosage en insuline

A vouloir obtenir un équilibre glycémique parfait, les doses d'insuline peuvent avoir la tendance de s'élever plus que nécessaire. Il y plusieurs années un chercheur avait montré, l'effet de rebond glycémique entraînant une augmentation des doses d'insuline, elles-mêmes favorisant l'hypoglycémie et un rebond glycémique. Les glycémies étant élevées, elles entraînaient une augmentation des doses, etc. Somogyi était le nom du chercheur qui avait montré ce cercle vicieux. Il faut donc être vigilant, car les glycémies élevées peuvent avoir plusieurs causes conjointes. Le rebond glycémique après un malaise hypoglycémique peut en être une, mais pas la seule. Si on augmente l'insuline sur une seule valeur de glycémie, on peut faire une erreur, entraîner un malaise hypoglycémique, un resucrage trop important et un rebond glycémique. La glycémie sera encore haute et la tentation sera d'augmenter la dose d'insuline sans raison. Pour vérifier et contrer ce surdosage, il vaut mieux avant d'augmenter, noter 2 ou 3 glycémies élevées durant la période d'action de l'insuline concernée à des heures différentes, par exemple 10 heures et 12 heures pour l'insuline rapide du matin. Pour la nuit, il est intéressant d'analyser les urines, elles apporteront une information complémentaire: du sucre dans l'urine et des urines abondantes correspondent le plus souvent à un manque d'insuline.

Diabetes Care, Juillet 2009

Le phénomène de l'aube

L'aube marque la fin de la nuit et le début du jour, avant que le soleil ne se lève. Plusieurs observations ont mis en évidence une augmentation de la glycémie chez certains diabétiques insulino-dépendants à ce moment, et heureusement pas chez tous. En effet, lorsqu'un diabétique a des glycémies proches de la normale tout au long de la journée. S'il en effectue au cours de la nuit, elles sont le plus souvent également normales. Aussi il ne peut être que surpris lorsque au lever le lecteur indique 2 grammes ou plus. Plusieurs études ont tenté de trouver des explications. Les besoins de l'organisme en insuline augmentent de manière très importante chez ces sujets à cette période de la journée. La résistance à l'insuline serait plus grande, certaines hormones hyperglycémiantes augmenteraient leur sécrétion, etc.

Comment limiter les effets?

Faire une injection d'insuline rapide le plus tôt possible, et retarder le petit déjeuner le plus possible. Prendre des glucides qui vont s'absorber plus lentement. Remplacer un morceau de pain par une pomme par exemple.Attention aux autres causes, tout aussi fréquentes, sinon plus d'une glycémie élevée du matin, une insuffisance d'insuline tout au long de la nuit ou encore, apparemment le plus fréquent, l'insuline couvrant la nuit n'agit pas assez longtemps. L'hypoglycémie nocturne passant inaperçue a souvent été accusée d'entraîner un rebond glycémique au lever.Plusieurs études ont éliminé cette cause. Les diabétiques qui ont une hypoglycémie nocturne asymptomatique ont des glycémies au lever le plus souvent proches du gramme. Le phénomène de l'aube existe, mais avant de l'accuser, vérifier toutes les autres causes possibles.

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