Heure d'injection de l'insuline

A quel moment injecter son insuline

Vous avez mis au point avec votre équipe en diabétologie un traitement insulinique avec 3 ou 4 injections quotidiennes. Les insulines que vous utilisez ont des durées d'action différentes connues. Vous savez que le lieu d'injection, la température de l'insuline, etc. jouent sur la rapidité du passage dans le sang, mais aussi bien d'autres facteurs inconnus. En dépit de tous vos efforts, les résultats glycémiques ne sont pas toujours ce que vous attendez. Si vous prenez de l'insuline rapide, l'insuline qui a un aspect limpide, l'heure de l'injection joue un rôle important. Comme le repas apporte des glucides, lorsque l'on s'apprête à passer à table, il semble logique d'effectuer son injection d'insuline. L'insuline injectée passe dans le sang, les glucides sont transformés en glucose et passe dans le sang, donc tout va bien.

Ce n'est pas aussi simple

Il se peut que votre glycémie avant le repas soit élevée (140-180 mg ou même plus), dans ce cas l'injection est préférable 15 à 30 minutes avant, de manière à démarrez avec un bon niveau de sucre sanguin. En sens inverse, si elle est basse (40 à 80 mg) il est possible d'effectuer l'injection en cours de repas. On ne parle que de l'insuline, la prise de glucides, rapidement ou non, est également à évaluer.

En pratique, suivant le résultat de la glycémie vous injecterez l'insuline plus ou moins rapidement. Les indications ci-dessous donnent une idée :

- En dessous de 50 mg/dl: il vaut mieux traiter l'hypoglycémie
- De 50 à 80 mg/dl : faites l'injection au milieu ou en fin de repas.
- De 80 à 120 mg/dl : faites l'injection avant le repas
- De 120 à 180 mg/dl : faites l'injection 15 à 30 minutes avant le repas

N'isolez pas ces conseils de l'ensemble du traitement. Si vous commencez votre repas par une entrée de crudités et que les féculents sont des légumes secs, vous pouvez retarder un peu votre injection, car ces glucides ne vont pas passer très vite dans le sang. Si vous êtes en voiture avant le repas, il est fortement déconseillé de s'injecter l'insuline à ce moment. La voiture peut tomber en panne, la route peut être obstruée par un obstacle qui retarde l'arrivée (travaux, embouteillage, accident, etc.). Si vous allez au restaurant, vous n'êtes pas sur que le repas sera servi à l'heure. Avec l'âge, votre système digestif n'absorbe peut être plus les glucides aussi vite. Vérifier lorsque c'est possible avec l'autocontrôle glycémique, et demandez conseil à votre diabétologue.

Changer le lieu d'injection

Depuis longtemps, le changement de lieu d'injection est recommandé aux personnes traitées par insuline. Les injections répétées au même endroit entraînaient des déformations de la peau (creux et bosses appelés respectivement lipoatrophie et lipodystrophie). Des études plus récentes ont cependant montré que la pureté des insulines jouait aussi un grand rôle.

Comme la vitesse de passage de l'insuline dans le sang est fonction du lieu d'injection. L'insuline injectée dans l'abdomen passe plus vite que l'insuline injectée dans le bras, elle même passant plus vite que celle injectée dans la cuisse ou dans la fesse. Il est utile d'en tenir compte. En premier principe, il faut toujours garder la même zone d'injection pour la même partie de la journée. Comme l'insuline du matin a toujours tendance à mettre du temps à agir (résistance plus élevée, hormones de contre régulation, etc.), il est conseillé de s'injecter l'insuline du matin dans l'abdomen, là où elle passe le plus vite. Le midi, il est toujours préférable d'avoir un lieu facile d'accès, et le bras est dans ce cas un lieu que l'on peut privilégier. Le soir par contre, on peut utiliser les fesses ou les cuisses, ou les deux.

Pour que ce ne soit pas toujours les mêmes endroits qui soient visés, on peut utiliser la partie haute de la zone pour le début de la semaine, la partie moyenne pour le milieu de semaine, la partie basse pour la fin de la semaine. Une grille de rotation peut être utile. Le changement de côté une semaine sur deux permet également à des parties du corps de se reposer.

Toujours le même lieu d'injection à la même heure

Lors d'une injection, on peut ressentir une douleur. La peau est traversée d'une multitude de petits nerfs qui permettent de détecter les sensations. Lorsque l'aiguille de la seringue ou du stylo touche l'un de ces petits nerfs, on ressent une douleur souvent modeste. Vous pouvez refaire l'injection plus loin, car lorsque vous pousserez le piston, le passage de l'insuline risque d'être lui aussi douloureux. La répartition des nerfs n'est pas uniforme sous la peau et avec un peu d'observation vous repérerez des zones où le risque de toucher un nerf est beaucoup plus rare. A vous de les trouver, car chaque organisme est différent. N'oubliez pas quand même de changer d'endroit régulièrement.

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