Diabète : du discours à l'assiette

Chacun d'entre nous a été amené à se demander "et si je devais suivre un régime, que ferais-je?" Certes en 1996 il y a des mots qui sont mal vus : "régime", "interdits" mais au delà des mots, la vérité est dure : pour maigrir, pour stabiliser et améliorer un diabète de type 2, il n'y a pas d'autre choix que de faire attention, chaque jour, avec persévérance et régularité, à son alimentation. Ceci n'est pas synonyme de manger triste ou de manger fade. Appétissant, agréable, fin, varié, bon, sont des adjectifs compatibles avec une cuisine équilibrée. Finalement les aliments sont les pièces d'un puzzle qu'il faut arriver à reconstituer. Les aliments sont une chose, les modes de cuisson et les aromates une autre, le plaisir de partager, la convivialité une troisième. Il existe des règles simples, vieilles comme le monde :
- le secret de 1'équilibre réside dans le mot variété
- ne pas se resservir à table
- manger de tout un peu mais de peu assez
- choisir ses modes de cuisson, limiter les apports en matières grasses
- faire une place d'honneur aux légumes
- diversifïer et gastronomiser la cuisine pour éviter la monotonie
- ne pas grignoter
- s'occuper, faire de l'exercice physique, ne pas s'installer devant la télévision
- ne pas avoir de réserves à portée de mains
- faire ses courses le ventre plein

Le Petit déjeuner se composera de pain, 60 à 80 g, d'un peu de beurre (portion individuelle). La confiture sera remplacée par un fromage frais ou un fromage à tartiner ou un morceau de fromage. La boisson sera du lait, du café au lait, du chocolat sans sucre. On pourra compléter par un fruit pressé ou un fruit. Les viennoiseries n'ont guère de place, elles sont grasses et apportent plus de calories que l'on ne pense. Le pain peut être remplacé par des céréales, encore faut-il bien lire les étiquettes et ne pas compléter les céréales par du pain, du beurre, etc... Ce qui est important c'est de prendre un vrai petit déjeuner et de ne pas le sauter. Si le déjeuner est tardif, un fruit sera le bienvenu dans la matinée. C'est l'aliment le plus commode à emporter, à consommer dans différents lieux de travail.

Le déjeuner, qu'il soit pris à la maison, au restaurant d'entreprise ou au restaurant, se ressemblera. La qualité doit primer sur la quantité. L'entrée, non obligatoire, sera de préférence une crudité, le plat de résistance une viande ou un poisson cuisiné, goûteux, avec peu de sauce, accompagnés de légumes et d'un peu de féculents. Ces derniers seront servis sans matière grasse, mais accommodés (oignons, tomates, herbes etc...). Ce repas sera complété par un morceau de fromage (un) de petite taille, un éventuel mais non obligatoire d'un verre de vin et d'un fruit. Le fromage peut être remplacé par un yaourt ou un fromage blanc. Certes les tentations sont grandes: glace, pâtisseries, entremets, fruits au sirop, mais il faut savoir ce que l'on veut et dédramatiser le fait de ne pouvoir manger n'importe quoi. Soi dit en passant: peu de personnes peuvent se payer le luxe d'ingérer des desserts sucrés tous les jours sans voir osciller l'aiguille de leur balance.

Le goûter n'est pas indispensable, quoiqu'il soit préférable de prendre une petite collation en milieu d'après-midi (yaourt, fruit, pain + fromage), plutôt que de se jeter affamé sur de la pâtisserie ou des friandises vers 17 ou 18 h. Boire régulièrement et suffisamment remplit l'estomac. Le dîner pourra débuter par un potage facile à varier et se poursuivra avec un complément protidique : viande, œuf, poisson accompagné d'un peu de féculent et de légumes cuisinés avec des herbes mais sans sauce. Un laitage et un fruit compléteront la ration.

Cela peut sembler rigide et pourtant les variantes sont nombreuses :
- potage de légumes, omelette aux champignons, yaourt, pomme, pain
- crème de tomates, darne de .saumon, et courgettes à l'ail (cuisinées au micro-ondes), petits suisses, raisin
- potage à l'oignon, salade d'endives au gouda, tarte aux pommes
- pot au feu, poire
- poulet au sel, ratatoui1le, fromage, kiwi
- choux fleurs au gratin, salade, compote de pommes

Au moment de se plaindre "que l'on a pas droit au chocolat, aux desserts sucrés, etc... " il faut peut-être se souvenir de 4 ou 5 éléments que l'on oublie trop facilement :
- rien ne vaut une cuisine savoureuse
- il existe des aromates, des herbes, des épices dont il faut se servir
- nous vivons dans une société de consommation où l'on veut tout tout de suite. Nos parents se contentaient d'une alimentation simple sans friandises deux fois par jour et gardent tous un souvenir impressionnant de certains plats, d'une certaine ambiance, de certains desserts spécifiques qui ne se prenaient qu'une ou deux fois par an
- il est devenu trop facile d'acheter des aliments de compensation
- il y a des tas de gens qui ont du mal à se nourrir; certaines denrées sont tout de même un luxe.

Revenir à des choses simples pour redécouvrir des saveurs, revenir à une cuisine non sophistiquée, choisir ses modes de cuisson, redonner ses lettres de noblesse aux fruits, s'intéresser aux nouveautés dans le domaine des fruits et légumes, apportent un plaisir certain. L'originalité d'un menu peut aussi se trouver à ce niveau là : ainsi chayottes, panais, figues de barbarie, ne sont que quelques exemples. La mode est aux viandes cuisinées avec des fruits, le résultat est étonnant. Alors contre mauvaise fortune, faisons bonne foi, réservons les "fruits défendus" aux grandes occasions : Noël, anniversaire, médaille, etc.. et prenons comme défi de trouver une nouvelle recette plaisante par mois, compatible avec un DNID. A une époque où tout est banalisé, profitons de ce DNID pour retrouver une cuisine simple, variée, sympathique, savoureuse, voire originale, où le plaisir et la convivialité font partie des ingrédients utilisés, tout en restant "moderne", c'est à dire en n'y consacrant pas trop de temps et en tenant compte des impératifs budgétaires.