Graisses ou féculents

Est-ce qu'une alimentation pauvre en graisses et riche en glucides doit être recommandée à toute la population? C'est l'interrogation d'un article du The New England Journal of Medicine (August 21, 1997 -Volume 337, Number 8) suivie, bien sûr, d'une réponse positive et les diabétiques sont parmi les premiers concernés. L'association entre l'excès alimentaire de graisses et de cholestérol avec l'athérosclérose et la maladie coronaire a été reconnue depuis 1907, quand Langen comparait l'altération des artères des Javanais et des hollandais émigrés dans cette île avec leur alimentation. Depuis de nombreuses études ont montré que la prise d'un excès de graisses saturées correspondait à une incidence plus élevée de maladie coronaire. D'autres travaux ont mis en évidence le rôle de la qualité des graisses, par exemple en Crète, où la consommation d'huile olive (acide gras monoinsaturé) est assez élevée et associée avec une faible incidence de maladie cardiaque. Au Groenland, les esquimaux avaient eux aussi une faible incidence de maladie coronaire alors qu'ils consommaient beaucoup de graisses et de cholestérol. Leur alimentation paraissait protectrice contre la maladie coronaire car elle contenait 3 acides gras du poisson. Les régimes faibles en graisses ont été corrélés à une diminution des maladies cardiaques. A la suite de ces observations, les recommandations alimentaires ont toutes insisté sur la baisse de l'apport en graisses particulièrement saturées. Ces graisses saturées doivent être remplacées par des féculents, des légumes, et des fruits et non pas par d'autres graisses. Réduire l'apport énergétique des graisses à 33 pour cent et augmenter l'apport de glucides de 45 à 52 % est un objectif louable, mais difficile à atteindre. Cependant les enquêtes montrent que la part de légumes et d'aliments végétaux n'a que légèrement augmenté et que par contre les sucres et édulcorants raffinés sont passés de 55 kg, par personne et par an, en 1970 à 68 kg en 1995. Il y a eu un peu de progrès, mais les autres risques de maladie coronaire tabac, obésité, manque d'activité physique, alcool jouent toujours leur rôle néfaste. Un argument majeur pour appliquer les régimes faibles en graisses est la réduction de poids. Cependant après plusieurs études, la restriction en graisses n'a pas produit systématiquement une réduction de poids. L'obésité est un problème complexe qui ne sera pas résolu uniquement en réduisant la part de graisses alimentaires.

American Diabetes Association congrès, Juin 2010, Orlando

Les bienfaits du poisson et de l'exercice physique sur la glycémie et le taux de graisses dans le sang

Dans cette étude, publiée par Diabetes Care (Juin 1997, volume 20, page 913) David Dunstan et collaborateurs rapportent un travail effectué sur 55 diabétiques non insulino dépendants sédentaires qui avait un taux de triglycérides trop élevé et un taux de bon cholestérol (HDL) trop bas. Les participants à ce test ont été assignés durant 8 semaines à un régime bas en graisses (30 % de l'apport journalier), donc riche en glucides, avec un repas quotidien de poisson et un exercice physique modéré avec un rythme cardiaque inférieur à 100. Une auto surveillance glycémique quotidienne était effectuée. Sans surprise les résultats ont montré une augmentation du bon cholestérol et une baisse des triglycérides. L'élévation de la glycémie pouvait être contrôlée par la pratique de l'exercice modéré. Le rêve qui reste à réaliser dans une pratique quotidienne, car manger du poisson tous les jours n'est pas dans nos coutumes. Cependant une marche à pied d'une demie heure tous les jours et du poisson 2 à 3 fois par semaine montreront certainement des effets positifs sur l'équilibre.