La sensibilité des conjoints aux malaises hypoglycémiques graves

Dans une étude publiée récemment par Diabetes care (The Psychosocial Impact of Severe Hypoglycemic Episodes on Spouses of Patients With IDDM, DIABETES CARE, VOLUME 20, NUMBER 10, Page 1543), les auteurs ont décrit les conséquences des malaises hypoglycémiques graves sur les conjoints. Les conjoints de diabétiques avec ou sans événement récent d'hypoglycémie sévère ne montrent pas de différences claires avec la population générale dans les mesures de forme, d'anxiété, de dépression, ou de problèmes conjugaux. En contraste, les conjoints de diabétiques avec une histoire récente d'hypoglycémie grave montraient une beaucoup plus grande crainte de l'hypoglycémie, des conflits conjugaux dus au diabète, et des problèmes de sommeil dus aux nuisances causées par les malaises nocturnes. Les analyses des paramètres psychologiques indiquaient que ces effets étaient similaires pour les femmes et les hommes, avec une exception pour les problèmes de sommeil beaucoup plus importants pour les hommes, conjoints de diabétiques. Ainsi, l'hypoglycémie sévère n'est pas nécessairement associée à des indices significatifs de détresse émotionnelle et conjugale chez les époux de diabétiques insulinotraités. L'impact psychosocial de l'hypoglycémie grave paraît se limiter à ces morceaux de vie directement liés au diabète et sa gestion. Le coût psychosocial de l'hypoglycémie grave peut ne pas être évident à reconnaître et ne peut pas être détecté par les analyses psychologiques traditionnelles. Le fait que le malaise grave soit associé avec des conflits conjugaux dus au diabète ne devrait pas surprendre les cliniciens. Si ces malaises troublent la vie commune, les auteurs conseillent une réévaluation des objectifs glycémiques vers le haut, suivie d'une observation de l'évolution des problèmes. Il n'est pas impossible que certains couples soient plus vulnérables que d'autres à ces problèmes. La corrélation significative trouvée entre l'anxiété générale et le malaise hypoglycémique grave suggère que les époux qui sont prédisposés vers plus d'anxiété dans autres périodes de leur vie éprouveront plus d'anxiété avec l'hypoglycémie et ses conséquences négatives. Les couples plus conflictuels peuvent aussi être plus vulnérables à accentuer l'angoisse causée par le malaise. Sur la base de ces résultats, il semble que l'impact de l'hypoglycémie sur les membres de famille mérite une attention accrue clinique et empirique.