Diabète : L'aide du cochon

Cellules béta de cochons chez la souris

Diabetologia vient de publier une étude de l'équipe de Pierre Sai qui travaille sur les xénogreffes (greffe d'organes animaux chez l'homme) . Si l'homme réagit à la greffe d'un autre organe humain, il réagit d'autant plus vivement à la greffe animale. De nombreuses études sont actuellement en cours pour limiter la réaction à d'éventuelles greffes. Pour avancer et comprendre les mécanismes certaines études peuvent paraître étranges mais peuvent permettre de mieux comprendre et d'avancer. Le travail a consisté à observer comment les cellules de la rate de souris qui sont diabétiques insulinodépendantes nourries avec des cellules de rate de cochon avaient une agressivité réduite contre les cellules béta du cochon (secrétant de l'insuline). Sans rentrer dans les résultats complexes de l'étude, les auteurs concluent que Dans un sens plus général, le fait de se nourrir avec des cellules de l'animal greffable aurait un certain effet sur le système immunitaire. De quoi relancer la consommation du cochon ! Mais on le voit la possibilité de xénogreffes chez l'homme reste un travail de longue haleine qui pose de nombreux problèmes.

Diabetologia, Volume 41 Issue 8(1998) pp 955-962)

Transplantation de cellules foetales de pancréas de porc chez l'homme

Dans un travail publié par "The Lancet", une équipe suédoise rapporte une recherche effectuée sur la transplantation de cellules pancréatiques de porc chez l'homme. Les 10 sujets qui ont accepté de se prêter à cette expérimentation étaient des diabétiques porteurs de très graves complications rénales exigeant un traitement intensif. L'objectif des chercheurs était simplement de prouver que les cellules de pancréas de porc peuvent sécréter de l'insuline une fois placées dans l'organisme humain. Grâce à cette expérience la preuve d'une sécrétion d'insuline durant plusieurs jours après la greffe a pu être apportée. Les patients étaient tous traités par un important traitement immunosuppresseur, qui, vu sa toxicité, ne peut pas être utilisé actuellement très longtemps. Il ne s'agit donc pas d'un traitement envisageable sérieusement pour le moment. Il faut mettre ce travail en relation avec les différentes recherches, dont certaines sont menées en France, sur l'utilisation des cellules de pancréas d'animaux pour traiter le diabète. Le pancréas est un organe des plus fragile. Les techniques de transplantation avec le traitement intensif qui suit, et la pénurie d'organes à greffer semble interdire la greffe d'îlot de Langerhans humains, comme on vous l'a précisé à plusieurs reprises dans nos colonnes. Aussi beaucoup de chercheurs se sont penchés sur la greffe de cellules animales appelée "xénogreffe". Pour l'instant les recherches sont effectuées principalement sur l'animal : greffe de cellules bêta de porc sur la souris par exemple. Le porc est privilégié dans ces recherches, car il a un pancréas de taille suffisante, une insuline assez proche de l'insuline humaine. La suppression du traitement immunosuppresseur, traitement à risque, est étudiée entre autres par l'utilisation de membranes perméables aux petites molécules. Si vous voulez en savoir plus sur ce type de recherche relisez l'article du Docteur G. Reach, secrétaire général de l'AJD dans Equilibre numéro 188, il est toujours d'actualité. Ce texte vous apporte les meilleures informations traitées par un chercheur des plus expérimentés sur ce sujet d'espoir.

Le pancréas de porc a la capacité de produire de l'insuline chez l'homme

Vous connaissez l'insuline de porc, elle est d'ailleurs toujours commercialisée même si l'insuline humaine a pris sa place le plus souvent. Le pancréas du cochon servira-t-il encore à l'avenir? Oui pourquoi pas, le pancréas héberge les îlots de Langerhans dont certaines cellules produisent de l'insuline. La destruction de ces cellules conduit au diabète. Plusieurs équipes de chercheurs travaillent pour trouver le moyen de remplacer les cellules endommagées avec des cellules saines de pancréas humains. Mais les pancréas humains se font rares. Comme l'insuline de porc marche bien pour l'homme, certains chercheurs ont pensé aux cellules des îlots du petit cochon.Dans une étude récente publiée par "The Lancet" des chercheurs Suédois ont transplanté des cellules foetales d'îlots de Langerhans de porc chez 10 personnes, âgées de 39 à 47 ans, traitées par l'insuline. Ces sujets étaient diabétiques depuis une trentaine d'années. Pour 6 personnes, les cellules de porc ont été rejetées par l'organisme, considérées comme étrangères. Mais pour les quatre personnes restantes, les cellules implantées sont restées jusqu'à 14 mois. Les cellules de porc produisaient de l'insuline, si bien que certains purent arrêter les injections d'insuline ou d'autres ont réduit la quantité totale d'insuline prise habituellement. Donc si l'étude permet de prouver que les cellules pancréatiques de porc peuvent fonctionner correctement chez l'homme, les problèmes de rejet propres aux greffes restent un obstacle majeur à résoudre, car les patients étaient soumisà un traitement anti-rejet assez lourd.

The Lancet (numéro 344, pages 1402-404,1994)

Greffes de pancréas

La revue de l'ALDEDIAM, Diabète et Métabolisme, vient de publier un article sur les greffes de pancréas réalisées en France. Nous extrayons du résumé les observations suivantes : "A la fin de1996, 9000 transplantations pancréatiques étaient rapportées au registre international. Pour la période 1984-1996, la survie du greffon était de 81 % à un an pour la transplantation rein-pancréas simultanée, de 71 % pour le pancréas après le rein, et de 64 % pour la transplantation de pancréas seul. L'effet de la transplantation sur les complications secondaires n'apparaît qu'après plusieurs années de fonctionnement pancréatique normal. Les avantages et les inconvénients de la transplantation doivent être honnêtement et attentivement analysés pour une population diabétique spécifique et sur le plan individuel. Actuellement la transplantation simultanée rein-pancréas est le traitement le plus adapté pour une population diabétique avec une insuffisance rénale chronique.

En cliquant sur les choix proposés dans le menu à gauche vous obtiendrez des informations complémentaires extraites de publications scientifiques ou autres manuels, à lire avec prise en compte de vos propres besoins et souhaits.