Diabète et environnement

L’environnement un facteur majeur pour le diabète de type 2

Une étude récente montre combien le milieu où l’on vit est important dans la survenue du diabète. Une très large étude portant sur des adultes âgés de 45 à 84 ans a permis d’arriver à ces conclusions. Sur les 2 285 participants, 233 sont devenus diabétiques de type 2 au cours des 5 années de suivi. Lorsque leur environnement social était analysé, s´il s´avérait que l´environnement permettait une activité physique importante et un approvisionnement en aliments «sains», on observait une diminution de l´incidence de 38 % du diabète de type 2. L´association restait statistiquement significative après ajustement pour les facteurs diététiques, d´activité physique et d´indice de masse corporelle. Vivre dans un environnement favorable où il est agréable de marcher, de faire du vélo, de faire son jardin, d’obtenir aisément des fruits, des légumes semble tout aussi important que les mesures individuelles. Le fait d´avoir un environnement favorable semble donc plébiscité. Les implications sociales et politiques sont importantes et la lutte contre le diabète devrait s’insérer dans les programmes politiques. Notre programme de d’accompagnement (patient-expert) s’intègre totalement dans cette démarche.

Archives of Internal Medicine 2009, 12 octobre 2009

Pollution atmosphérique et diabète : lien important

Une étude épidémiologique nationale constate une forte corrélation entre le diabète de l'adulte et la pollution atmosphérique (les critères connus de sédentarité et d’obésité ayant été éliminés). La relation a même été observée à des niveaux d'exposition en dessous de la limite des règles de sécurité en vigueur. Cette observation est compatible avec les études en laboratoire qui avaient trouvé une augmentation de la résistance à l'insuline chez les souris obèses exposées à de fines particules, et une augmentation des marqueurs de l'inflammation (qui peut contribuer à l'insulino-résistance). L’étude, menée aux Etats Unis en 2004 et 2005, observe l’effet des particules microscopiques, une composante principale de la brume, de la fumée et des véhicules à moteur. Le principal problème dans ce genre de comparaison est d'éliminer tous les autres facteurs qui interviennent dans le déclenchement du diabète. Les résultats montrent donc un lien important entre pollution atmosphérique et diabète. De nombreux facteurs environnementaux peuvent contribuer à l'épidémie de diabète dans le monde entier... Alors que beaucoup d'attention a été normalement attribuée au comportement sédentaire et diététique, d'autres facteurs peuvent fournir de nouvelles approches pour la prévention du diabète.

Diabetes Care, Oct. 2010

L'insuline contre l'effet de serre?

Non pas encore, cependant une nouvelle étude montre un nouveau rôle de l'insuline dans la production d'énergie. L'insuline produit l'hyperthermie par une inhibition directe des neurones sensibles à la chaleur. Tandis que beaucoup de recherches ont été conduites sur l'insuline depuis sa découverte pendant les années 20, c'est la première fois que l'hormone a été reliée au processus fondamental de la régulation de la température. Les auteurs notent que si leur travail éclaire un point important du puzzle des processus métaboliques du corps, il soulève également beaucoup de questions intrigantes : Est-ce que les personnes avec un diabète, qui sont peu sensibles à l'insuline dans les tissus, seraient encore sensibles à l'insuline dans le cerveau ? si oui, cette dichotomie peut-elle être employée dans le développement d'une nouvelle thérapie ? Peut-on trouver une manière d'employer ces capacités pour augmenter la dépense énergétique afin de favoriser la perte de poids? De toutes manières aujourd'hui le traitement du diabète reste essentiel dans la lutte contre « l'effet de serre » car marcher, faire du vélo... manger équilibré produisent beaucoup moins de CO2 que les pratiques habituelles.

Diabetes, Janvier 2010

Suggestion d’un lien entre la pollution atmosphérique et le diabète 2

L'étude a comparé des femmes vivant dans des zones industrielles fortement polluées et dans des régions rurales avec moins de pollution. Un lien a été observé entre les taux de pollution de la fréquence du diabète. Certains polluants pourraient être impliqués dans la résistance à l’insuline. Cependant cela reste une étude à vérifier car les comportements alimentaires, l’exercice physique… sont des paramètres différents entre ces 2 types de populations et leur impact majeur dans le diabète est bien connu. Cependant les femmes vivant proches des chaussées à fort trafic avaient une incidence plus élevée.

Journal Environmental Health Perspectives, 27 mai 2010

Le gaspillage dans le diabète existe

Une étude publiée par nos amis allemands de Dusseldorf (Dr Heise, EASD, 1994) montre que des économies substantielles peuvent être réalisées avec la plume des médecins prescripteurs. Dans le domaine du diabète, suite à une enquête réalisée avec l'aide de l'association des diabétiques allemands, il a pu comptabiliser une somme de 2 500 millions de Francs par année correspondant à des médicaments donnés aux diabétiques sans que leur efficacité soit prouvée. Etaient concernés des agents dit "anti-rétinopathiques", anti-neuropathiques", des médicaments d'amélioration de la circulation, etc. dont l'efficacité n'a jamais été prouvée. Pour l'essentiel ces drogues étaient prescrites par les généralistes, puis venaient ensuite les ophtalmologues, les spécialistes de médecine interne, etc. La longueur des ordonnances françaises n'a rien à envier aux ordonnances allemandes. Il est donc probable qu'une enquête française donnerait des résultats similaires. Vu les sommes d'argent concernées, les autorisations de mise sur le marché, comme les prescriptions devraient, semble-t-il, être surveillées plus attentivement. Pour l'instant, on peut retenir de ce travail deux conseils:

- La sagesse de ne pas prescrire des drogues dont l'efficacité n'a pas été prouvée semble élémentaire. Ce n'est pas le patient qui écrit l'ordonnance, mais le médecin.

- Le patient peut simplement rappeler régulièrement au médecin : "Ce n'est pas la peine de me prescrire ce médicament, s'il n'est pas efficace!"

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