Diabète et cancer

Le traitement à l’insuline diminuerait le risque de cancer

L´insuline régule la croissance et la prolifération d´un certain nombre de cellules somatiques. C´est pourquoi l'insulinorésistance et l´hyperinsulinémie pourraient constituer des facteurs de risque de cancer. Récemment, tout un débat a suivi la publication d´une série d´études observationnelles qui ont examiné l´association entre l´utilisation de l´insuline, en particulier de l´insuline glargine, et la survenue de cancers. A l´inverse, un essai randomisé contrôlé de plus de 1 000 sujets suivis pendant plus de 4 ans a montré que les patients sous glargine avaient un risque inférieur de néoplasie que sous insuline NPH. D´autres études montrent que c´est plus l´hyperglycémie qui est associée à une augmentation du risque de cancer. Une dernière étude confirme cette dernière hypothèse. Si le diabète de type 2 est associé à un risque de cancer, l´utilisation de l´insuline est au contraire associée à une diminution de ce risque. Les auteurs ont étudié 4 623 Chinois diabétiques de type 2 sans cancer et non traités par l´insuline au moment de l´entrée dans l´étude mais suceptibles de l’être. A la fin de l’observation, l´incidence du cancer chez les non utilisateurs d´insuline était beaucoup plus élevée que chez les patients utilisateurs de l´insuline. Par contre l´hémoglobine A1c était associée à une augmentation du risque de cancer. Les auteurs concluent que l´hyperglycémie prédit un risque de cancer alors que l´utilisation de l´insuline est associée à une réduction de ce risque de cancer.

Diabetes, mai 2010

Enfin une bonne nouvelle, Baisse de risque de cancer de la prostate

Les médicaments antidiabétiques (insuline, metformine et sulfonylurée) sont associés à une diminution du risque de cancer de la prostate, montre une enquête récente. Cette preuve reste cependant contestée. Pour mieux définir cette association, les chercheurs ont examiné des cas nouvellement diagnostiqués du cancer de la prostate entre 1995 et 2002 de l'Office finlandais de Registre du cancer en tenant compte des données de prescription. Agés en moyenne de 68 ans les médicaments antidiabétiques oraux ont été utilisés par 7,5% des hommes avec un cancer de la prostate et de 8,4% des contrôles. La diminution du risque même faible est significative. Elle est comparable pour tous les médicaments antidiabétiques, y compris la metformine, les sulfamides et l'insuline. Les chercheurs ont découvert que le risque global, ainsi que le risque de cancer de la prostate avancé, a diminué avec le montant et la durée de la médication. Aucune explication ne semble claire et cela reste peut être un hasard statistique, mais on reste friands de telles bonnes nouvelles.

American Journal of Epidemiology, 25 novembre 2008

Le rôle du sucre dans le cancer

Les cellules tumorales emploient beaucoup plus le glucose que les cellules normales. Certaines recherches menées à l’université d’Utah montrent comment ce processus a lieu, et comment il pourrait être stopper la croissance de tumeur. » Pendant la croissance normale et cancéreuse de cellules, un processus cellulaire a lieu qui implique le glucose (sucre) et la glutamine (un acide aminé). Le glucose et la glutamine sont deux éléments essentiels pour la croissance de cellules, et on l'a longtemps supposé qu'ils ont fonctionné indépendamment, mais les dernières recherches montrent qu'ils sont interdépendants. Si la disponibilité de glutamine est limitée, l'utilisation de glucose est également arrêtée et la croissance des cellules cancéreuses est stoppée. Le MondoA est une protéine qui peut jouer un rôle essentiel. En présence de la glutamine, le MondoA bloque l'expression d'un gène appelé le TXNIP. Le TXNIP est vraisemblablement un dispositif antiparasite de tumeur, mais quand il est bloqué par le MondoA, il permet à des cellules de consommer le glucose, ce qui conduit alternativement la croissance de tumeur. Cette recherche permet d’envisager de nouveaux médicaments qui viseraient l'utilisation de glutamine, ou à la cible génétique de son utilisation. Mais avant, il faut développer les modèles animaux et ensuite dans un second temps tester sur la machine humaine ce qui laisse les échecs tapis en embuscade comme dans de nombreuses recherches. On peut retenir comme leçon que l’excès de sucre dans le sang est néfaste, mais ce n’est pas nouveau.

Proceedings of the National Academy of Sciences, August, 2009

La metformine aurait des résultats positifs dans la survenue du cancer

Le diabète de type 2 est associé à un risque légèrement accru de plusieurs types de cancer et la survie après le diagnostic du cancer est abaissée. Cette étude compare les traitements dans cette observation. 350 centre de soins britanniques ont suivi 112 408 personnes dont 8392 (7,5%) avaient diabète de type 2. Toutes les personnes avec ou sans diabète qui ont développé une première tumeur après Janvier 1990 ont été identifiées et les dossiers ont été suivies durant 19 années. La mortalité par cancer a augmenté chez les diabétiques, comparativement à ceux sans diabète, pour le cancer du sein (1,32) et pour le cancer de la prostate (1,19), mais diminué dans le cancer du poumon (0,84 ). La mortalité a été augmenté par rapport aux non diabétiques avec une monothérapie par sulfamides (1,13) ou insuline (1,13), mais elle a diminué avec une monothérapie par metformine (0,85).

Diabetes Care Online 16 Janvier 2012

Moins de cancer du sein avec la metformine

Plusieurs études ont montré que le diabète de type 2 était associé à une augmentation modeste du risque de cancer du sein après la ménopause, même si ce sujet est très débattu. La metformine (médicament largement utilisé en traitement du diabète) aurait un effet positif. Afin d´évaluer si l´utilisation des hypoglycémiants oraux est associée à une modification du risque de cancer du sein chez les femmes, des épidémiologistes ont observé 22 000 femmes utilisant des antidiabétiques oraux pour un diabète de type 2. 305 cas de cancer du sein ont été identifiés. L´utilisation à long terme (plus de 5 ans) de la metformine était associée à moins de développement d´un cancer du sein en comparant avec une nonutilisation de la metformine. Cependant ni l´utilisation à court terme de la metformine, ni l´utilisation des sulfonylurés ou des autres antidiabétiques oraux n´étaient associés à un risque significatif de cancer du sein. Il semble donc bien que l´utilisation à long terme de la metformine protège du risque de cancer du sein chez les femmes avec un diabète de type 2.

Diabetes Care, juin 2010

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